CONSEIL D'ARCHITECTURE, D'URBANISME ET DE L'ENVIRONNEMENT DE HAUTE-GARONNE

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Table ronde 1 / Intervention 3

Créer des espaces qui favorisent la découverte, le jeu, l’initiative, l’expérience, le regard critique.

par Sylvie Brossard-Lottigier (Architecte et paysagiste, chef de la division Territoires, Sites, Paysages à la DREAL Occitanie)

 
Sylvie Brossard-Lottigier  démontre que l’aménagement de l’espace contribue à construire la représentation du Monde des jeunes… et donc le sens qu’ils donneront à leur vie. Dés lors, comment ne pas prendre en considération les besoins des jeunes aux diverses étapes de leur maturité pour concevoir et établir des espaces publics propices à leur émancipation ?

Prendre confiance dans le Monde

À sa naissance, l’enfant est un être qui fait corps avec son environnement. Il s’inscrit dans un modèle que l’on pourrait qualifier d’écologique. L’espace et lui constituent une seule et même entité qui ne se révèle problématique qu’à partir du moment où il rencontre un élément malveillant à son égard.

 

À ce stade de développement, l’enfant a besoin de prendre confiance dans le Monde. Pour répondre à ce besoin essentiel, les espaces sont tenus d’être malléables et participants. Ils doivent lui permettre de construire son univers, sa maison, l’extension de son corps – par exemple sous la forme de cabanes temporaires.

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Aire de jeux avec des mobiliers et des matériaux malléables et participants qui favorisent les savoir-faire et l’imaginaire des enfants.

Trouver ses limites

Un peu plus tard, l’enfant doit prendre conscience que le Monde (son environnement) n’est pas exclusivement là pour satisfaire ses désirs. Autrement dit, il a besoin de tester ses limites et comprendre qu’il n’est pas « l’enfant roi ». Pour accompagner de manière efficiente cette phase de l’évolution de l’enfant, les adultes peuvent proposer des espaces de résistance ; des lieux dans lesquels l’enfant va se retrouver « en prise » avec des éléments qui ne se transforment pas facilement, qui ne s’adaptent pas à son corps et auxquels, au contraire, il va « se cogner ». On parle plus communément d’espaces d’interaction qui pourront être artificiels mais de préférence naturels - les arbres notamment.

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Des espaces de prise, notamment naturels, permettent à l'enfant de se confronter aux limites de l'espace et de son corps.

 

Représenter sa vision du Monde

Au stade suivant, l’enfant exprime le besoin de représenter ce qui l’entoure.

C’est en représentant sa vision du Monde, ou plus simplement sa vision de son environnement, qu’il cessera de confondre la perception du lieu avec la réalité du lieu. Pour accompagner cette étape, il convient de lui proposer des espaces de représentation valorisants – son école et le parvis de son école par exemple.

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Construire sa représentation de soi puis du Monde à partir d'espaces d'identification valorisants.

 

Accepter l'autre

Une fois capable de représenter sa propre vision du Monde, de son corps, l’enfant va non seulement parachever la conscience de l’existence d’une limite entre lui-même et l’espace, mais également entre lui et les autres.

Pour cette phase finale d’individuation, l’enfant aura besoin d’espaces d’empathie : des lieux où l’on rencontre et accepte les autres, où l’on admet une diversité de la représentation du Monde. À commencer par celle des autorités qui le construisent comme être responsable : les parents, les enseignants et « la police ».

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Provoquer la rencontre  est l'une des règles premières à respecter pour créer des espaces d'empathie. 

 

Considérer ces représentations pour aménager l'espace

Pour conclure, Sylvie Brossard-Lottigier propose aux représentants des collectivités et aux professionnels de l’aménagement, une charte des espaces de l’enfance. Celle-ci développe trente-trois propositions pour une politique d’aménagement de l’espace favorable à la refondation d’une idée de nature où l’enfant trouve sa place,

un cadre clair et sain et une éthique forte, pour grandir en construisant un être responsable.

 

Elle invite à développer une expérimentation proposée conjointement aux trois ministères de l’Aménagement des territoires et de l’écologie, de la Culture et de l’Éducation nationale, en collaboration avec des acteurs de terrain, notamment les Pôles d’Equilibre Territoriaux Ruraux (PETR) et le CAUE de la Haute-Garonne.

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Cette séquence s'arrête sur l'exemple du réaménagement des espaces publics de l'opération résidentielle réalisée sur le site de l'ancienne caserne Niel à Toulouse. 

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Durée : 2'40

Retour vidéo

Pour aller plus loin

> Article dans" la Ville récréative", dirigé par Thierry Paquot - "Le jeu, un impératif éducationnel"


> Deux articles rédigés pour la revue du CNDP Diversité :


   . "Habiter l'école, lieu ouvert, lieu fermé ?"

       dans "Diversité" n° 179, 160 p.  avec Christophe Lottigier

   . "Écologie des espaces d’apprentissage : adresse aux politiques publiques",

       dans "Carnet des Etudes Urbaines" [en ligne], juillet 2016

Didactique des paysages.

Charte des espaces de l’enfance : trente-trois propositions pour une politique d’aménagement de l’espace

Bonus ressources

> VIDÉOS : Compte-rendu vidéo des rencontres nationales des villes éducatrices qui se sont déroulées à Lille les 13 et 14 décembre 2017 / Plus particulièrement l'intervention de Thierry Paquot
www.lille.fr/Parents/Actualites/La-ville-a-hauteur-d-enfants